Couvrez ce sein, que je ne saurais voir.
Par de pareils objets les âmes sont blessées,
Et cela fait venir de coupables pensées.

Molière, Le Tartuffe (III), 1664

A Dijon le 29 mai, une femme a été agressée par deux hommes pour avoir portée une tenue trop décolletée en période de ramadan1.
A Nancy le 31 mai, une femme a été agressée par ses deux frères pour avoir entretenu une relation amoureuse hors mariage et pour s’être vêtu de manière indécente2.

Bien entendu, les indigénistes ne commentent pas ni ne défendent ces femmes. Les Rokhaya Diallo, les Madjid Messaoudene, les Marwan Muhammad, les Asif Arif préfèrent attaquer la Une de Charlie Hebdo ou défendre le port du voile pour les mamans accompagnant les sorties scolaires. Pire, un de leur représentant, Yassine Belattar, non content d’avoir animé les soirées du CCIF, a maintenant l’oreille de notre président. Caution communautariste permettant à Emmanuel Macron un racisme tout à fait décontracté puisqu’il a osé parler de « mâles blancs » qui ne seraient pas légitimes pour réformer les banlieues3. Buvant du petit lait, M.Belattar a bien évidemment sauté sur l’occasion. Pour lui, le féminisme et le mouvement #MeToo est surtout une lutte contre le « mâle blanc »4 ! Quelle indécence… Quelle récupération politicienne !

Tout ces gens sont coupables. Coupables par leurs actes, leurs paroles ou leur silence, qui n’ont pour seul but que de gagner de la notoriété ou des électeurs, de creuser un fossé communautaire enfermant des femmes dans une identité qui n’est pas la leur, les livrant aux hyènes obscurantistes qui n’acceptent pas les règles républicaines. Il est loin le temps ou M.Macron élevait le statut de l’égalité entre les femmes et les hommes comme « grand cause nationale »5.

L’extrême droite et l’extrême gauche apportent leur écot dans cette tenaille identitaire, les uns voulant nous enfermer dans un passé hagiographié, les autres voulant atomiser, au sens propre comme au figuré, la citoyenneté. Tous oublient que l’identité culturelle est un mouvement, une tension, parce que reliée à la sphère privée et propre à chacun, quand l’identité politique est un absolu faisant abstraction de la première pour permettre l’expression de la démocratie.

Quand le « centre », omnipotent, est lui aussi parasité par le communautarisme, il ne reste alors que les réels républicains, disséminés dans tout le spectre politique français, pour défendre ces valeurs qui ont fait la France et qui doivent continuer à la définir.
Le combat pour les droits des femmes est nécessairement universaliste, parce que seul l’universalisme permet l’égalité. Sans égalité, les libertés ne sont que des privilèges.

1664-2018. 350 ans ont passé et tout est à refaire. 1789 est oublié. Le combat est de nouveau devant nous. Il est grand temps de nous unir.


1. Sud Ouest, 29 mai 2018, « À Dijon, une femme est agressée dans un train pour une tenue trop décolletée »
2. Le Figaro, 31 mai 2018, « Une femme frappée par ses frères pour son comportement pendant le ramadan »
3. BFM TV, 22 mai 2018, vidéo
4. BFM TV, 27 mai 2018, vidéo
5. Le Monde, 27 novembre 2017 « Les principales annonces de Macron pour l’égalité entre les femmes et les hommes«