Communiqué d’Antoine Berranger
ancien référent adjoint des Patriotes en Loire-Atlantique.

Venu de la gauche républicaine, j’ai quitté la France Insoumise ne pouvant supporter les compromissions de M.Mélenchon avec les positions racialistes de Mesdames Obono & Autain, notamment.

Chez Les Patriotes, j’avais trouvé avec mon ami Alain Avello de réelles valeurs républicaines. Une réelle vision, digne des Clemenceau et des Briand, de la gauche radicale et socialiste du XIXè siècle, alliant justice sociale et valeurs républicaines, avec l’égalité au centre de ce projet.

J’avais confiance en la sincérité visible de M.Philippot qui proposait un projet peu populaire chez les Français mais qui voulait oeuvrer avec la force de ses convictions, en dehors de toute « tambouille politicienne » selon ses propres mots.

Mais la réalité politique fut tout autre. Quand M.Kaznowski a été condamné le 12 juin dernier pour propos racistes (« sales nègres », « sales bougnoules » aurait-il dit selon les témoins) à 500€ d’amende1, il n’a pas été exclu. Quand il a fait appel (j’en attends toujours la preuve) malgré les 6 témoins à charge, il n’a pas été démis, au moins temporairement, de ses fonctions de référent national au sport.
De nombreuses excuses m’ont été proposées, plus inacceptables les unes que les autres:
. le juge serait corrompu (aurait-il acheté les 6 témoins à charge ??? – accusation très grave -)
. niveau communication, ce ne serait pas bon pour le mouvement (parce que garder un cadre condamné pour racisme dans les rangs, ce serait bon ?)
. ce serait un favori de José Evrard
. ce serait un des rares à reverser une partie ses indemnités d’élu (300€ / mois, voilà le prix des valeur républicaines dans un parti manquant de moyens – autant dire que la pression face au lobbys sera extrêmement forte !)
. ce serait un alcoolique (oui oui, on m’a bien présenté cela comme « excuse » à son racisme…)

A la place, ce monsieur continue de se présenter aux événements, de militer publiquement, de cotoyer et d’être relayé par les cadres dirigeants du parti – non, excusez-moi, du mouvement –.

Visiblement, les valeurs républicaines ne sont que des mots pour certains Patriotes. Les actes ne suivent pas. Comment avoir aucune garantie alors, qu’une fois aux responsabilités, les Patriotes pourraient être républicains ? Comment avoir aucune garantie que les promesses puissent-être tenues, quand les idéaux ne sont pas suivis de mise en pratique ? Comment croire que la gauche républicaine puisse-t’être fédérée dans ces conditions ? Comment croire que la laïcité, sujet qui me tient à cœur, puisse-t’être défendue ?

C’est pourquoi, pour pouvoir continuer de promouvoir mes valeurs, égalité, laïcité, démocratie, impossibles à défendre dans ce cadre, je me vois contraint de quitter les Patriotes et les responsabilités qui m’étaient confiées.

Ma vision de la politique implique l’intégrité, cette fameuse rigueur qui permettrai aux électeurs, trop nombreux à avoir déserté les isoloirs, de retrouver le chemin des urnes. Seule cette façon de faire de la politique est réellement moderne, et mérite d’être défendue. Et je ne suis pas un républicain en peau de lapin.

 

Note additionnelle du 25 septembre 2018 :

M.Kaznowski semble avoir été relaxé en appel. De nombreux membres des Patriotes sont venus me parler, rarement avec des intentions louables, pour me signifier mon « erreur » et le « ridicule » de ma décision selon eux.
Si la présomption d’innocence s’applique effectivement entre une condamnation en première instance et le jugement de l’appel, un parti politique peut très bien décider d’une suspension temporaire en attendant la décision finale. En particulier dans ce genre d’affaire. En particulier quand la quasi totalité des cadres est issue du Front National.

La méthodologie, ainsi que les excuses qui m’ont été proposées ont plus à voir avec ma démission que l’affaire en elle-même.

 


1. https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/un-conseiller-regional-des-hauts-de-france-les-patriotes-condamne-pour-injure-raciale-1528829831